- C’est bien joli tout ça, mais quand je lis les docs concernant le DV, on me parle de 720x576. Alors qui dois-je croire ? - Ben moi ! Car ça n’est pas incompatible, c’est ce que je vais essayer d’expliquer… |
Nos ingénieurs internationaux se sont dit que ce serait bien, alors qu’on va passer au numérique, de définir des règles qui marchent pour tout le monde.
Donc, il faut arrêter la définition d’une image numérique, ce qu’est la vidéo numérique et comment on la transmet d’un appareil à un autre (caméra vers régie, régie vers magnétoscope, etc.…). Et c’est là que les complications arrivent.
Jusqu'à présent j’ai omis volontairement de parler de couleur, ça n’apportait rien au raisonnement. Mais maintenant qu’on attaque le morceau…
Les sources d’image (caméra,
télécinémas…) délivrent un signal
interne d’image sous la forme de 3 signaux Vert, Bleu, Rouge,
avec la définition maximale des capteurs.
Les psycho-savants ont vu que le pouvoir séparateur de
l’œil humain est bien moindre pour la couleur que pour les
écarts de lumière (appelés luminance).
D’où une transformation des signaux RVB (Rouge, Vert,
Bleu) en signaux de luminance et de couleur (chrominance), en
privilégiant la définition pour la luminance au
détriment de la chrominance, tous les moyens étant bons
pour les ingénieurs, de « gratter » de la bande
passante.
Quelques chiffres pour info :
La luminance Y est calculée en tenant compte de la sensibilité de l’œil en fonction des couleurs, comme ça : Y = 0,59V + 0,30R + 0,11 B
L'œil est plus sensible au vert, donc il représente 59% de
la luminance, qu’au rouge qui participe à concurrence de
30%, et peu sensible au bleu, d'où les "seulement" 11%
C’est ainsi qu’est fabriquée la composante noir&blanc de l’image.
Les informations de couleur deviennent R-Y (Dr) et B-Y (Db) Là, on peint le noir&blanc pour faire une image en couleur.
Démonstration par le biais de la bien connue mire de barres
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les trois composantes Rouge, Verte et Bleue une fois superposées, la mire La version N&B, autrement dit la luminance |
![]() |
Vous allez me dire que de 3 signaux (R, V, B) on est passé à 3 autres signaux (Y, Dr, Db) quel intérêt ?
L’intérêt c’est que Dr et Db vont représenter, à eux 2, la même quantité d’information que Y à elle toute seule, sans même que l’œil ne s’en aperçoive…
Et bien ça, c’est déjà de la compression de données, et on n’est même pas en numérique !!!
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- Bon d’accord, mais mes 720 x 576, qu’est ce qu’ils ont à voir là-dedans ?
- Pas grand-chose, sinon que c’est à cause de tout ça qu’on y est arrivé. |
Revenons à nos moutons. On veut faire de la transmission
numérique d’images avec comme règle de base : que
ce soit issu du NTSC ou du PAL la structure du signal est la même
! L’un a moins de lignes que l’autre, mais les affiche plus
souvent. Il faut donc trouver une relation temporelle quelque
part…
Je vous passe les travaux de développement d’Ampex et de
Sony sur le D2 notamment, pour arriver à la recommandation
BT.601 de l’UIT (ex recommandation 601 du CCIR) fruit du travail
d’une équipe de collaboration SMPTE/UER (j’ai des
sources tout de même ;-).
Et c’était en 1981… Ça vous en bouche un
coin, mais ce sont eux qui ont défini la structure d
‘échantillonnage connue sous le nom de «4.2.2»
Bref, à cause de cette compatibilité de fréquence PAL / NTSC et l’ajout de cette compression de données de couleur, ils en sont arrivé à découper les lignes en 720 points pour mettre tout le monde d’accord.
Vous venez de lire la partie « chiante », je vous épargne la démonstration mathématique à base de sous-multiples commun de porteuses…
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- Alors 720 x 576 c’est bon ?
- Bon pour quoi ? Pour insérer dans un film DV oui, pour bricoler tel-quel dans PhotoShop non ! - Je fais quoi alors ? du 720 ou du 768 ? |
Soyons clairs 720 = 768 aussi anti-mathématique que ça paraisse ! C’est une question de contexte.
Comme notre affichage de l’image se fait, soit sur notre écran d’ordinateur, soit sur la télé, le 720 sera bien à la télé, mais tassé horizontalement sur l’ordi.
Pour retrouver ses bonnes proportions, l’image doit être
dilatée horizontalement, car chaque pixel du 720 a une
représentation rectangulaire sur la télé, mais
carrée sur l’écran informatique.
Les voilà, les premiers pixels rectangulaires !!!
A suivre ?