MPEG2 contre DV
Quid du montage ?

par Alynpier - le 20 mai 2007


On entend de plus en plus parler de la disparition programmée du format DV au profit du MPEG2; les camescopes numériques au format DV (sur cassettes mini-DV) laissant progressivement leur place à des appareils enregistrant directement au format MPEG2 du DVD-Video. Les plus "moches" (et les plus encombrants) faisant cela carrément sur des DVD±R/RW ! L'idéal serait peut-être dans ce cas d'y intégrer des mémoires comme celles de nos APN ? Une SD Card de 2 Go (coût actuel : 25 €) permet quand même déjà de stocker une heure de video en MPEG2. Avec quelques cartes en poche, on serait tranquilles ! Il reste aussi des solutions telles que les petits disques durs, et toutes sortes de mémoires comme celles utilisées dans les iPod nano, par exemple...
D'ailleurs, on trouve maintenant un certain nombre de camescopes à disque dur; nous en reparlerons bientôt...

D'un autre côté, les enregistreurs de salon à base de bandes VHS ont déjà presque complètement disparu, au profit là aussi d'enregistreurs DVD-Video sur disque dur ou DVD±R/RW.

Quoiqu'il en soit, notre problème aujourd'hui est celui du montage. En effet, le DV permet un montage précis, contrairement au MPEG2. On fait cela depuis longtemps, en fait depuis que iMovie nous est offert gracieusement lors de l'achat de notre Mac.

Dans un fichier MPEG2 / DVD-Video, l'encodage est une suite de GOPs. Un GOP (Group Of Pictures = groupe d'images) contient une image entièrement encodée et d'autres qui ne le sont que partiellement. C'est le lecteur DVD qui reconstituera toutes les images intermédiaires au fur et à mesure de la lecture du disque.

Dans un fichier DV, toutes les images sont encodées; il est ainsi possible d'éditer un fichier à l'image près et donc d'y appliquer facilement des effets, transitions, etc... qui nécessitent un recalcul image par image.

Evidemment, tout ceci a un prix : le DV pèse dans les 12 Go de l'heure, alors que le MPEG2 "standard" ne fait que 2 Go pour une heure de film.

On l'aura bien compris, le MPEG2 offre de nombreux atouts (poids moindre des fichiers et compatibilité directe avec le DVD-Video) au prix d'une moindre facilité pour le montage. Pourtant, tout n'est pas noir puisque des fichiers déjà encodés nous débarrassent de cette corvée fastidieuse (pour qui n'a pas une "grosse" config') qui est celle de l'encodage video...

Donc, le MPEG2 c'est bien ! Il nous reste à trouver des solutions pour faire du montage précis. C'est le but de cet article.


   Montage facile... et rapide !

Inutile donc de décoder tout le fichier MPEG2 pour le réencoder par la suite; son édition est possible grâce à MPEG Streamclip, au GOP près.
Par contre, pour faire des transitions, titrages, etc... il faudra faire de l'édition en DV à l'image près; et pour cela, on utilisera iMovie.
Pour l'authoring DVD, nous utiliserons MovieGate qui est capable de monter un DVD à partir de sources différentes; de plus chaque clip sera directement accessible puisque disposant alors de son propre marqueur de chapitre.

Nous allons donc combiner le meilleur de chaque format, en extrayant tels quels les clips qui n'ont pas besoin d'être retravaillés, et si besoin est, encoder en DV ceux qui nécessitent un montage plus fin.

iMovie est livré avec votre Mac, MPEG Streamclip est gratuit, et MovieGate vaut 20 €.
Pour lire un fichier MPEG2, il faut également disposer du module de lecture approprié, vendu par Apple (20 €).


                   

La procédure

1) Numérisation des données

Dans un premier temps, toutes nos sources video analogiques (télé, cassettes VHS, camescope analogique) vont être numérisées en MPEG2 compatible DVD; il existe plusieurs moyens et boîtiers divers, mais nous aborferons ici le cas de l'enregistreur graveur DVD de salon.
L'avantage de cette méthode, c'est qu'elle marche à tous les coups (même si la VHS "saute", l'enregistrement ne s'arrête pas...), et qu'une fois que vous aurez numérisé toutes vos vieilles cassettes, l'appareil continuera à vous servir dans le salon pour enregistrer vos émissions de télé favorites. D'où la question de savoir quel matériel choisir au départ : avec ou sans disque dur intégré ?

On en trouve aux environs de 100 € (sans disque dur), et il suffit d'y brancher une entrée analogique (Péritel ou RCA) pour obtenir en temps réel un DVD. Evidemment, on utilisera alors des supports réinscriptibles DVD±RW, réutilisables un "certain" nombre de fois.
Je dois vous avouer que j'en ai un de chaque, et que le modèle avec un DD de 250 Go (Peekton PK9910 HDD) est extrêmement pratique, sans être ruineux... (Carrefour, 199 € en promo) :




Il est même possible d'enregistrer à partir d'un camescope numérique, puisque ces appareils disposent en façade d'une entrée DV. Là aussi, un gain de temps appréciable, puisque dans le même temps où iMovie ne fait que capturer le DV, le graveur de salon produit de son côté un DVD... On notera aussi ici des entrées analogiques et USB.

Nous parlerons plus tard d'une solution elle aussi très intéressante (Miglia TVMax+), mais 100% Mac, alors que celle-ci ne l'utilise pas pour encoder, le laissant alors libre pour d'autres tâches. C'est là aussi un choix, ça fera l'objet d'un autre article...

2) Transfert des données vers le Mac

On commence par recopier les données du DVD sur le disque dur du Mac; là, ça n'est pas trop compliqué, une copie via le Finder suffira puisque le disque n'est pas "protégé"... On récupère donc le dossier VIDEO_TS, qui contient les fichiers .VOB constitutifs de notre video :

3) Edition, nettoyage et export

Nous allons maintenant ouvrir ces VOB avec MPEG Streamclip; en ce qui me concerne (et par souci de facilité), j'ai attribué aux fichiers VOB une ouverture automatique avec MPEG Streamclip, et donc il me suffit de double-cliquer sur l'un d'entre eux pour ce faire :



On ouvre bien sûr tous les fichiers VOB du dossier, et on procède à l'édition de notre film :



L'édition consiste d'abord à supprimer les parties inutiles, puis à exporter séparément les différents clips qui nous serviront à faire le DVD.
MPEG Streamclip dispose d'outils simples et rapides; on se déplace rapidement dans le flux grâce au curseur et à la souris, puis on affine l'endroit précis avec les touches fléchées (haut et bas) qui se positionnent à l'entrée d'un GOP. On place alors des marqueurs de début (touche "I" du clavier) et de fin (touche "O"), entre lesquels une sélection devient active :

C'est cette sélection qu'il nous est possible de supprimer (pomme-X) ou d'exporter dans un format de notre choix. S'agissant d'un fichier déjà encodé en MPEG2, il est préférable d'en démultiplexer les deux flux audio et video, et nous en profiterons même pour extraire la video au format AIFF. Ce qui nous permettra par la suite, dans MovieGate, d'encoder ce flux audio en AC3, en en normalisant le niveau :

C'est à ce stade qu'il convient de penser à notre DVD final. En effet, nous allons exporter en M2V et AIFF, successivement tous les clips nécessaires, mais également (si nous en avons besoin), ceux qui serviront de support aux différents traitements de transitions, titrages, etc...
Ceux-là, les "clips intermédiaires", nous allons les exporter en DV :



En utilisant les réglages par défaut :



Attention à bien ranger les divers exports... Par exemple, nous obtiendrons à partir d'une bande VHS numérisée telle quelle le shéma suivant :



En haut, notre VHS complète enregistrée d'un seul tenant sur le DVD, puis, en dessous, celle-ci importée dans MPEG Streamclip et débarrassée des zones inutiles, et enfin le découpage de nos exports.

J'ai choisi simplement de conserver une dizaine de secondes pour chacune de mes transitions. A partir du point de changement de clip, entre 1 et 2 pour commencer, je recule donc de 5 secondes (correspond à environ 10 clics de flèche haute), puis je place un point de fin (touche "O"); j'ai donc sélectionné le CLIP 1 que je vais exporter en M2V/AIFF, via le menu Fichier, ce que je fais sans oublier de le nommer correctement !
Quand cette opération est terminée (c'est très rapide), je retrouve mon éditeur; le curseur est toujours à la même place, j'appuie donc sur la touche "I", ce qui a pour effet de transformer mon marqueur de fin de clip actuel en marqueur de début du suivant. Ici, ce sera une transition de 10 secondes et j'avance donc de cette durée (astuce, la double flèche de l'éditeur fait justement ça en un clic...). Puis je replace un marqueur de fin ("O") et j'exporte la transition en DV.
Retour à l'éditeur, et ainsi de suite : "I", recherche de la rupture suivante, recul de 5 secondes, "O", et export en M2V/AIFF s'il s'agit d'un clip à utiliser tel quel, ou en DV s'il s'agit de le retravailler dans iMovie.



Ici, 3 clips et deux transitions.

On notera au passage qu'on peut évidemment de cette manière très simple placer des marqueurs sur un flux MPEG2, puisque MovieGate pourra réassembler les clips en un flux continu. Je veux dire par là qu'on n'est pas "obligé" de faire des transitions, et ne procéder qu'à un découpage du flux entier pour créer des marques de chapitres dans le DVD à venir.

4) Travail sur les transitions

Rien de bien compliqué là non plus, puisque nous allons nous contenter de lancer iMovie, de créer un nouveau projet (attention à bien choisir le bon format) et d'y importer notre premier fichier DV de transition.
Il nous sera possible de faire un titrage, un effet audio ou video, ou tout ce qu'on veut ! Juste pour éviter un passage trop brutal, je conseille de ne pas toucher aux premières et aux dernières images de ce clip court.

Une fois le clip modifié et validé, nous allons l'exporter (Partager) d'iMovie en utilisant le format Quicktime Haute Qualité :



Nous voilà donc maintenant avec tous les éléments pour remonter notre film :



  Assemblage et authoring du DVD

Notre assemblage se fera grâce à MovieGate :

clip1 -> TRANSITION_1_2 -> clip2 -> TRANSITION_2_3 -> clip3... etc...

On commence par indiquer à MovieGate le dossier de destination; on peut saisir le dossier dans le Finder et glisser celui-ci dans la zone "Destination". On peut renommer le DVD, mais ça n'est pas nécessaire :



Puis, dans la zone "Source Vidéo", on va pouvoir également faire glisser notre premier clip (seul le fichier video .m2v est requis, le fichier audio suivra). Puisqu'il s'agit d'un fichier déjà encodé aux normes DVD, MovieGate proposera de le conserver tel quel et c'est évidemment ce que nous choisirons. Pour éviter cette question récurrente, on peut cocher la fonction adéquate dans les Préférences :



Ne pas oublier "Ajouter au DVD" chacun des clips, sinon il ne sera pas pris en compte :



Et tant qu'on y est, autant noter la valeur du bitrate de ce premier clip (4379), nous l'utiliserons pour encoder nos transitions. Rien d'impératif, mais pourquoi pas ?

Donc, après le premier clip, nous importons la première transition DV. Celle-ci, évidemment, reconnaît la piste audio associée et nous demande quelles valeurs de bitrate et de quantiser utiliser :



Nous indiquons donc 4379, puis nous déplaçons le curseur du quantiser à 1 (pour un meilleur rendu) et enfin nous validons par "Ajouter au DVD".
De même pour les clips suivants et les autres transitions. A la fin, notre onglet de présentation doit ressembler à ça :



"Démarrer" lance le processus. Les opérations sont rapides puisque les clips déjà encodés en MPEG2 sont de plus démultiplexés, et il ne reste qu'à encoder le flux audio AIFF en AC3. Quand aux transitions, on ne se rend même pas compte des encodages, tant leurs durées sont faibles.

Le résultat, que MovieGate propose de visionner avec Lecteur DVD, est tout à fait conforme à nos attentes. Des marqueurs de chapitre ont été posés au début de chacun de nos clips, et nous rendent la navigation aisée. Le flux complet se lit sans problème, tout au plus remarque t'on un "blanc" audio de quelques dixièmes de seconde si on a coupé au milieu d'un dialogue (mais qui ferait ça ?).


  En conclusion

Si vous effectuez un montage à partir d'éléments qui ne se trouvent pas sur un même support, rien ne vous empêche (bien au contraire !) lors de vos différents exports, de "réserver" les quelques secondes nécessaires au début et/ou à la fin de vos clips. Ceux-ci, exportés en DV, seront tous deux importés ensemble, travaillés dans iMovie et exportés d'un seul tenant, une fois les transitions et titrages effectués.

L'énorme avantage de cette méthode permet de se servir directement de flux déjà encodés, et de n'avoir à refaire l'encodage video que sur les clips de transition. Ceci procurera un gain de temps énorme (et un gain d'espace disque conséquent), une flexibilité et une facilité inégalée. Tous ceux qui ont déjà bricolé des films de deux heures avec iMovie me comprendront...