Animez vos idées !

par Alynpier - le 1er décembre 2006


Le principe fondateur du cinéma est le phénomène de la persistance rétinienne, cette capacité qu'a notre œil à conserver l'image vue précédemment se superposant aux images que l'on est en train de voir (en fait, c'est notre cerveau qui construit ces images, mais n'entrons pas dans le détail). Ce phénomène très rapide a donc donné naissance au cinéma, qui n'est qu'une succession d'images fixes percues alors comme un mouvement, et bien sûr d'abord au cinéma d'animation; les premiers films présentés ont été des "dessins animés", obtenus en dessinant des personnages et des objets, en décomposant leurs mouvements, puis en assemblant ces images.
Ce n'est qu'après l'invention de la photo que le cinéma a pu voir le jour, en remplaçant chacun de ces dessins par un instantané photographique.

L'animation image par image permet donc de simuler un mouvement en assemblant à la suite l'une de l'autre un grand nombre de "photos" présentant un déplacement faible et contrôlé des éléments qui la composent.
On peut faire ça avec des dessins, avec des objets, ou avec des prises de vue.

  

     iStopMotion de Boinx Software

Avec des dessins on obtiendra le dessin animé traditionnel bien connu.
Avec des objets, on pourra animer toute sorte d'objets divers habituellement statiques, de manière à produire une scène.
Avec des prises de vue à intervalle régulier, on obtiendra des accélérés saisissants, très spectaculaires sur des scènes généralement à déplacement très lent, telles la course du soleil et des ombres, le déplacement des nuages, ou la pousse d'une plante... En dehors de ces applications ludiques, cette technique est également utilisée en video-surveillance...

Pour ce faire nous allons utiliser iStopMotion, dont la dernière version est disponible en français (1.10.1 à ce jour). Le principe utilisé est ici de pouvoir capturer une image tout en affichant simultanément la ou les dernière(s) image(s) prise(s) en superposition. Grâce à cela, c'est l’outil parfait pour démarrer dans le film d’animation. On trouvera sur le site de l’éditeur de très nombreux exemples de réalisations.

Il ne faut par contre pas oublier que iStopMotion se cantonnera à la saisie d'un clip image par image. Ce n'est pas une application de montage, et le recours à des applications telles que iMovie sera nécessaire pour terminer le film : monter les séquences, ajouter des effets, des titres et des transitions, établir la bande son, etc...
Heureusement, iStopMotion permet l'exportation de notre montage au format DV, format natif de iMovie, et il n'y aura donc pas de problème de ce côté-là.

Installation simple

iStopMotion est disponible en version Demo, gratuite et utilisable 8 jours, tout à fait suffisante pour la tester. Puis, si cela vous convient, vous pourrez acquérir la version DV à 40$, voire même le plug-in Still camera à 20$ qui permet de récupérer directement les images d'un appareil photo numérique, si vous ne disposez pas d'un camescope numérique DV ou d'une webcam compatible, comme une iSight par exemple.
Une version "pro" HD est également disponible (349$) mais hors-sujet, en ce qui nous concerne, on n'en est pas encore à ce niveau !
Après avoir demandé votre démo auprès de l'éditeur, il vous suffira de glisser l'application dans votre dossier... Applications, et de lancer celle-ci.

Attention, si comme moi vous disposez d'un Mac avec iSight intégrée (ou de plusieurs sources disponibles), il vous sera indispensable de d'abord indiquer laquelle utiliser, via le menu "Film/Réglages Video..." :



Ou utiliser le menu déroulant Pré-réglages de la fenêtre d'accueil (Créer un nouveau film) pour sélectionner le bon périphérique :



     La course du soleil ou des nuages

Pour débuter, la technique très simple de prises de vue à intervalle régulier va nous permettre de nous familiariser avec l'environnement de iStopMotion. Nous allons tout bêtement filmer le jardin et le déplacement des ombres sur celui-ci.

Le camescope est calé sur un pied, relié au Mac par son câble Firewire 6/4; il a été allumé (position Camera) et je lui ai enlevé sa cassette. Ainsi, d'une part, il ne s'éteindra pas et d'autre part il sera reconnu automatiquement dès le lancement de l'application, à sa résolution maximale possible.
La création d'un nouveau projet propose également de définir le nombre d’images par seconde (j'ai indiqué 25), et le début du timecode. Utile surtout dans le cas d'un montage ultérieur de plusieurs clips, on peut le laisser ici à sa valeur par défaut.



On valide. La fenêtre unique affiche alors ce que filme la source :


En bas de celle-ci se trouve la time-line et sur le côté un tiroir escamotable donne accès aux différents réglages. Le seul qui nous intéresse pour l'instant est celui de l'intervalle de temps :



Réglable en secondes, minutes ou heures. Ici, une image toutes les 45 secondes nous donnera au final 1 seconde de film pour 18 mn 45 sec de temps réel. De quoi accélérer le temps !
Un appui sur Démarrer commence la capture, et sur Arrê"... la stoppe. Un compteur indique le temps restant pour la prochaine capture, et celle-ci s'accompagne d'un signal sonore (réglable dans les Préférences).

Superbe time-line...

Les secondes de la time-line sont divisées proportionnellement au nombre d'images qui ont été précisées lors de la création (25). Chaque image capturée figure sur la time-line, et celle-ci dispose d'un effet d'agrandissement, un peu comme le Dock.
Il suffit de promener la souris le long des images pour que celles-ci deviennent visibles et sélectionnables.




Il est possible à tout moment, sans interrompre la capture, de faire un rendu et une lecture du travail déjà accompli; il suffit pour cela de cliquer sur le bouton Lecture de la ligne de commande :



Ceci déclenche l'assemblage des images (Working), puis la lecture du clip.



Sur la time-line (ci-dessus), on voit bien la différence entre les images déjà assemblées (en blanc, jusqu'à l'image 14), puis celles qui ne le sont pas encore (fond rosé) et enfin la dernière (fond bleu, trait jaune) qui est l'image en cours de traitement.

On peut sélectionner une image individuellement ou faire une sélection multiple; un premier clic sur l'image de départ (elle apparaît sur fond bleu), puis un second clic avec la touche Shift appuyée. On affiche alors le menu local (avec ctrl-clic ou clic droit), et cet ensemble d'images peut alors être coupé, copié, collé, remplacé (par une nouvelle capture), supprimé ou exporté en tant que film ou images.
Il est également possible, s'agissant d'une image seule, de l'éditer dans une application associée définie dans Préférences/Assistants. En ce qui me concerne, j'ai associé Photoshop Elements, et ça me permet de choisir une image à corriger, de l'ouvrir directement dans PS Elements, puis de la remplacer dans la time-line.



   

Le tiroir latéral

En bas à droite de la prévisualisation, se trouve un bouton double permettant soit de sélectionner la source de capture, soit d'ouvrir/fermer le tiroir latéral; celui-ci, outre le réglage d'intervalle de temps, contient également :



Une prévisualisation video, qui s'appuie sur deux images; à gauche, celle de la time-line, à droite celle du périphérique de saisie, le curseur servant à mélanger les deux sources. C'est très important de bien en comprendre le fonctionnement. Par exemple, lors d'une saisie, la fenêtre affichera la dernière image capturée, ainsi que l'image de la caméra superposées. Pour un travail sur la time-line, il faudra mettre le curseur à gauche.



Le Clignotement fait alterner plus ou moins rapidement ces deux images; pas grand intérêt, ça fait surtout mal aux yeux !



Pelure d'oignon permet de règler le nombre d’images superposées vues simultanément (jusqu’à 5). Celles-ci apparaîtront alors sur la time-line soulignées de jaune. Quand au mode d'affichage, "Mélangé", "Minimum" ou "Maximum", ça sera là aussi affaire de goût.

Dernière option, Afficher guides d'écran tracera sur l'image filmée des guides en fonction de la taille finale de l'image que vous souhaitez. La zone utile affiche une réduction de 10%, la zone de titre sûre l'étend à 20%. Parce qu'un écran de télé analogique n'affiche pas toute l'image...



      Objets inanimés, avez-vous une âme ?

Second exercice, l'animation d'une figurine statique. Un jouet quelconque fera l'affaire, il n'est pas question ici de refaire "Wallace et Gromit", mais d'en montrer le principe. On arrivera cependant très rapidement à des résultats honorables, suffisants en tous cas pour un générique ou une petite scène à insérer dans un montage personnel.
Caméra bien en place (elle ne doit pas bouger), un peu d'éclairage, et nous voilà partis !

La capture d’une image se fait par défaut en appuyant sur la touche Espace. On peut également capturer 2, 3 ou 4 images identiques (effet de ralenti), ainsi qu'une photo. On pourra modifier les touches attribuées à ces actions dans les Préférences.

Ainsi que vu plus haut, la fenêtre présentera une prévisualisation de la caméra (curseur à droite) :



ou de la time-line (curseur à gauche) :



ou des deux à la fois (curseur au milieu) :



Ce qui permet bien évidemment de caler le déplacement de la nouvelle image sur la précédente !
On prend une image (touche Espace), on modifie le personnage en vérifiant le déplacement à l'écran, puis on prend l'image suivante (touche Espace). C'est simple, efficace, rapide et ... génial !

Un simple appui à tout moment sur le bouton Lecture permet de se rendre compte du travail effectué. En cas d'erreur, on a toujours la possibilité de modifier facilement une prise de vue. Vraiment, rien ne manque !
A noter qu'il est également possible d'appliquer des effets sur l’image, tels que symétries (verticale ou horizontale) ou rotation.

Dès que le résultat est satisfaisant, il suffit de l'exporter soit vers une séquence QuickTime (avec toutes ses possibilités), ou au format DV afin de l'importer dans iMovie, par exemple. On pourra ainsi peaufiner le montage, en lui appliquant des effets, transitions, titrages, bande-son, etc...
Le passage par iMovie permettra également d'inverser le sens du clip; il est souvent plus facile de filmer "à l'envers", c'est à dire en commençant par l'image finale. On peut aussi filmer le sujet sur un écran bleu pour l'intégrer ensuite dans une autre scène...



Dernier détail; iStopMotion propose d'imprimer un folioscope, c'est à dire l'ensemble des images capturées. La sauvegarde d'un tel document en PDF peut s'avérer utile dans le cadre d'un travail collaboratif, en permettant la notation des images.




      Conclusion

Il n'y a rien à redire, tant cette application est vraiment sympa à utiliser, et n'a jamais planté durant mes essais.

Le mode Démo permet de se faire la main, et donnera très certainement envie d'acquérir la version courante pour le prix modique demandé (39,95$ soit 33,20 euros).