La vidéo au salon - du DVD à AppleTV, en passant par iPod...

par Alynpier - mis à jour le 30/11/08


Depuis l'achat de mon iPod 5G (dit "video"), j'ai considérablement modifié mon approche "video de salon". Auparavant, je ne jurais que par le DVD-Video, beaucoup plus souple que le Divx (mais plus lourd !). Et ce, pour une raison simple, il est quasiment impossible de se déplacer correctement en lecture dans un flux Divx et ma première expérience avec Apocalypse Now version longue (plus de 3 heures) a été un échec. Non pas que je n'aie pu l'encoder, non, mais je n'ai jamais pu le regarder (!) tant il était impossible d'aller à un endroit précis... contrairement au DVD-Video, qui propose la pose de marqueurs de chapitres, facilitant ainsi le déplacement dans le flux, et les avances et retours rapides sans saccades.

Mon lecteur "kilitou" était dès lors cantonné à la lecture des seuls DVD-Video...



Historique

En octobre 2005 apparaît l'iPod 5G, premier de la gamme iPod à proposer la video. Le format maximum utilisable (encodé en H.264) de 230.400 pixels** (480x480), permettait une taille de 640x360 en 16:9 ou 552x416 en 4:3.

Bien évidemment, tout format intermédiaire était utilisable, autorisant ainsi tout recadrage et rognage personnel, la seule contrainte étant de rester dans une surface inférieure au nombre de pixels maxi.

** Attention, il ne s'agit pas là de la résolution de l'écran de l'iPod, mais bien du format vidéo maximum accepté. Au delà de ces dimensions, l'iPod refuse d'importer le fichier.
On (re)découvre alors ce freeware génial qu'est HandBrake, proposant une interface simplissime prenant en charge toutes ces caractéristiques indispensables : débits audio et video, ainsi qu'un éditeur graphique unique pour le redimensionnement et la découpe de l'image.

HandBrake prend en charge l'encodage video en H.264, audio en AAC, avec la conservation des marqueurs de chapitre présents sur le DVD-Video.
Ça signifie tout simplement que le fichier MPEG-4 disposera des mêmes facilités de déplacement que le DVD... ce qui était mon grief principal par rapport au Divx...
Les avantages sont nombreux, puisqu'on peut mettre au moins 6 heures de film sur l'équivalent d'un simple DVD-R, à raison d'une moyenne de 750 Mo/h. Bien sûr, il s'agit là d'une qualité "moyenne haute" (c'est celle que j'utilise) plus que suffisante en ce qui me concerne. En augmentant les débits, on augmentera la qualité et le poids du fichier. A chacun de définir ses propres valeurs par l'expérience, et en fonction du matériel dont il dispose.

Seule ombre au tableau, HandBrake ne prenait jusqu'alors en charge que les dossiers VIDEO_TS (d'où le passage quasi obligé par MovieGate), mais depuis la dernière version (0.9.3), il s'accomode aussi de tout type de fichier video.
Son éditeur d'image permet toutes les prouesses, en facilitant la suppression des bandes noires sur un enregistrement de type cinemascope, la découpe d'une image pour la passer d'un ratio 4:3 à 16:9 (ou tout autre d'ailleurs).
HandBrake continue d'évoluer, son forum est très actif, c'est également un incontournable.

L'iPod 5.5G (sorti en septembre 2006) repoussera un peu plus loin la limite de surface utilisable, la portant à 640x480 (soit 307.200 pixels en 4:3), permettant un rapport 16:9 de 736x416.

Le dernier modèle, sorti cet été, baptisé iPod classic (ci-contre), reprend a priori ces mêmes caractéristiques. Le look a changé, l'appareil est plus performant et le terme "classic" lui va comme un gant...

Evidemment, et bien que la vidéo reste "regardable" sur l'écran d'un iPod classic (2,5" de diagonale), elle n'en sera que plus belle sur celui d'un iPod touch (3,5" de diagonale, ci-dessus), voire d'un iPhone qui dispose du même écran (ci-contre).
Mais l'idéal est quand même de pouvoir visionner ces vidéos sur un véritable écran, sur la télé dans le salon !


L'iPod dispose de nombreux accessoires permettant une liaison vers un écran télé, aussi bien chez Apple que chez la plupart des accessoiristes, et ils sont nombreux. On dispose en général d'un Dock, d'un câble et d'une télécommande.

On découvre très vite les limites de cette installation; tout d'abord, la liaison est analogique, via un simple câble Péritel... c'est quasiment une aberration, alors qu'un grand nombre d'entre nous (je parle ici de ceux qui font de la video numérique) disposons maintenant d'écrans télé numériques ! Pour ma part, si j'ai un LCD 32" / HDMI, ça n'est pas pour le brancher à un lecteur numérique via un simple câble Péritel !!!

Seconde constatation, la télécommande n'est réellement utilisable que sur le flux en cours de lecture; il est impossible de naviguer dans le contenu total de l'iPod, et chaque changement devra donc se faire à la main, via la molette cliquable...
Pour terminer, la synchronisation filaire de l'iPod devra se faire en le branchant sur le Mac.

     LA solution, enfin !

Enfin, apparut AppleTV. La solution ultime et évidente à tous ces petits tracas évoqués ci-dessus. En ce qui me concerne, et vu l'utilisation que je faisais de mon iPod video, ce fut une véritable bénédiction...
D'abord, AppleTV est relié "numériquement" au LCD par un câble HDMI. On voit bien la différence avec le même fichier video, lu d'une part par iPod/Péritel et d'autre part par AppleTV/HDMI... Y a pas photo.

De plus, il dispose, grâce à l'interface FrontRow et via l'Apple Remote, d'une navigation complète dans l'ensemble du contenu audio/photo/video, ainsi que d'une liaison directe sur les bandes annonces et YouTube.
Enfin, sa liaison/synchronisation sans fil Wi-Fi permet de laisser l'appareil à proximité de l'écran dans le salon, sans jamais avoir besoin de le déplacer. La synchro est entièrement paramétrable, gérée comme celle de l'iPod par iTunes.

Au chapitre des inconvénients, la faible capacité du disque dur (40 Go, dont 32 sont réellement utilisables sur le premier modèle dont je dispose) font qu'il faut en gérer correctement son utilisation quotidienne. Pas question d'entasser, il n'y a pas assez de place !
Par contre, géré correctement, on dispose d'un espace permettant de "mettre en attente" une bonne cinquantaine d'heures de programmes divers. Ça n'est donc pas un espace de stockage, il faut le savoir.

Quand au prix, jugé excessif par certains (300 € pour le modèle 40 Go), je me rappelle avoir investi (il y a moins de deux ans) 450 € dans mon iPod 60 Go, plus pas loin d'une centaine dans les divers accessoires indispensables (Dock, câble, télécommande, etc...) tout ça pour un résultat visuel très-très en dessous de celui offert par mon AppleTV...

Je suis totalement en désaccord avec tous ceux qui dénigrent systématiquement cet appareil, lui trouvant toutes les tares du monde, sans jamais en souligner tous les avantages...
Surtout depuis qu'il a été démontré les possibilités complémentaires dont peut se doter le petit appareil et qui en font oublier les premiers griefs : lecture des Divx, utilisation d'un disque dur USB externe, etc... A découvrir par ici.
J'avais d'ailleurs déjà consacré un article à AppleTV, écrit dès la réception de celui-ci. Mes conclusions de l'époque n'ont pas varié aujourd'hui. Je m'inquiétais alors d'une possible fragilité de l'appareil, dû et l'échauffement de celui-ci et l'absence de bouton d'extinction. Je dois admettre quà ce jour, 17 mois plus tard, je n'ai toujours pas rencontré le moindre problème.

Par contre, je produisais alors mes contenus à l'aide du freeware iSquint, capable d'un encodage rapide et de bonne qualité, mais dont les réglages de découpe et de redimensionnement d'image étaient assez "sportifs"... Après un passage par MPEG Streamclip, dont les réglages d'image étaient largement tout aussi complexes, je suis revenu tout naturellement à HandBrake, le seul (de ces 3 freewares) à offrir un véritable éditeur d'image. De plus le développement de Handbrake est très actif, et c'est donc tout naturellement le meilleur choix actuel.


     Reste à fabriquer du contenu...

Puisque AppleTV est maintenant capable de lire du Divx, c'est donc à ce format (qu'on pourrait qualifier de plus ou moins "universel"), que nous allons en produire nous-mêmes le contenu, redimensionné et recadré à partir de toutes nos sources video.

Je ne crois pas beaucoup à tous ces systèmes de "video à la demande", tout d'abord parce qu'on est en France (!!!) et aussi et surtout parce que pour une somme relativement modique d'une quarantaine d'euros par mois, on accède à des bouquets satellite de plusieurs centaines de chaînes. Une fois éliminées toutes celles qui ne proposent rien d'intéressant, il en reste au moins une bonne vingtaine qui diffusent d'excellents contenus documentaires et musicaux, des films d'animation pour les enfants, d'autres pour les grands, enfin bref, il suffit de consulter intelligemment ses programmes pour éviter de regarder la télé de manière passive.
Sans oublier la TNT qui elle, est gratuite. Il n'y a donc aucune obligation de se coller bêtement devant TF1 ou M6...

Nos sources video peuvent en gros se répartir en 4 catégories :
• les captures TNT, faites directement sur le Mac au format MPEG-2, via l'une des clés existantes généralement pilotées par l'application EyeTV d'ElGato,
• les captures analogiques (principalement cassettes VHS), faites également sur le Mac au format MPEG-2, via l'un des boîtiers d'acquisition eux aussi pilotés par EyeTV,
• les reprises de DVD-Video, soit enregistrés grâce à un enregistreur DVD de salon, soit produit antérieurement sur son Mac avec iDVD ou MovieGate ou tout autre application d'authoring,
• toutes les autres sources possibles, fichiers divers de formats divers, lisibles...

Important : à ce stade, toutes les sources doivent avoir été déjà entièrement éditées, c'est à dire débarassées des zones indésirables au début et/ou à la fin du clip, des éventuelles coupures pubs à l'intérieur de celles-ci. On peut généralement effectuer ce nettoyage grâce à Quicktime Pro ou MPEG Streamclip. On en a déjà parlé à de nombreuses reprises, on ne revient donc pas dessus.

On passe à HandBrake, version 0.9.3 à ce jour

Depuis la version précédente, HandBrake a pas mal changé; son interface est désormais plus agréable et plus précise. Il y a même la possibilité de conserver des réglages personnels, c'est extrêmement utile.

1) Source
A l'ouverture, une source vous est demandée (accessible également par le bouton "Source" en haut à gauche de la fenêtre); on y indique notre dossier VIDEO_TS, notre fichier image .iso, ou tout autre type de fichier video.

2) Destination; ne pas oublier !

3) Réglages
J'ai choisi, après quelques tâtonnements, ceux-ci qui me donnent satisfaction. Je ne saurais trop vous conseiller de vous baser tout d'abord sur eux et de les faire évoluer par la suite en fonction de vos goûts et besoins :


Format : Fichier AVI - Codecs : Video MPEG-4 (Xvid) / Audio MP3 - Framerate (nombre d'images par seconde) Identique à la source - Débit video de 1350 Kb/s - Encodage en 2 passes



Préréglage par défaut :
J'ai enregistré mon réglage dans la liste (ouverte grâce à "Toggle Presets"), en appuyant sur le petit "+" en bas.
Ensuite, je l'ai sélectionné et choisi comme réglage par défaut ("Make Default") grâce au menu Action en bas de la liste.
De cette manière, mon préréglage est sélectionné par défaut à chaque ouverture de fichier. On peut ainsi enregistrer plusieurs réglages différents et les appliquer directement sans avoir à tout refaire. Très pratique !

Mais le meilleur reste à venir, car l'éditeur d'image est une merveille de facilité. D'autant plus d'ailleurs que son module de découpe automatique fonctionne parfaitement. Tout au plus peut-on lui reprocher de ne pas nous permettre de choisir précisément l'image à éditer, on a simplement droit à un découpage d'une dizaine de vues différentes.
J'aurais aimé pouvoir disposer d'un curseur et sélectionner très précisément l'image pour optimiser mon recadrage, et éviter de couper un sous-titre...


Je conserve dans un premier temps le rapport hauteur/largeur ("Keep aspect ratio") de manière à ne pas déformer l'image.
Je le décoche lorsque j'accepte de déformer légèrement l'image, ou si je dois rattraper un mauvais cadrage précédent; j'ai remarqué que de nombreux films anciens passant à la télé étaient souvent étirés en hauteur.

La découpe ("Crop") automatique est souvent suffisante, mais il est toujours possible de la personnaliser ("Custom"). Les fléches latérales augmentent ou diminuent la valeur de la découpe, le ratio H/L est recalculé en permanence et l'image affichée correctement. C'est un vrai régal !

Une fois ma découpe affinée, je prends soin de rétablir la largeur de l'image à sa valeur maximale (ici 704) qui est, en fait, celle de l'image d'origine.

Chapitrage. Ne pas oublier de cocher la case pour les conserver !


Il ne reste plus qu'à cliquer sur Start, en haut, pour démarrer les opérations. Handbrake dispose également d'une liste de tâches et il est possible, à tout moment, c'est à dire même après qu'une tâche ait été démarrée, d'en rajouter de nouvelles. Dans ce cas, au lieu de Start, c'est le bouton Add to queue (Ajouter à la liste) qui sera utilisé.

Après, ça n'est qu'une question de goût personnel; on peut augmenter les valeurs de débit video, l'image sera meilleure mais le fichier plus lourd. A vous de voir !